Le jeu démocratique implique nécessairement des échanges de point de vue, parfois musclés, entre élus de la majorité et de l’opposition. Mercredi soir, à la salle Petit-Prince, le public du premier conseil municipal de l’année 2010 a assisté à une partie de «jeu démocratique» dans les règles de l’art.

Alors que les points à l’ordre du jour s’enchaînaient à un rythme soutenu, ne provoquant ni débat, ni polémique, la machine s’est enrayée et a butté sur le point n° 8 portant sur la désignation d’un maître d’ouvrage délégué pour la réalisation de l’Aéroparc. Dans ce que Patrick Weiten a qualifié de «tour de piste électoral » (Yannick Williot est candidat aux élections régionales, ndlr), le porte parole de l’opposition, Yannick Williot, a déclaré : «Puisque nous en arrivons au véritable lancement opérationnel, nous voudrions relever nos points d’accord et de désaccord ». Et de décliner le projet urbain selon quatre «défis», selon lui pas entièrement relevés et qui «transforment petit à petit Yutz en un "Neuilly de Lorraine Nord" ».
Le défi démocratique tout d’abord. Le socialiste regrette qu’une seule présentation publique ait eu lieu en juin 2009. «La population aurait du être davantage associée, vous auriez pu mettre en place une commission citoyenne, lancer des appels à projets transfrontaliers concernant les équipements culturels. Une mairie, ce n’est pas que diriger, c’est aussi associer.» Ce a quoi le maire a répondu en rappelant que les concertations sur le devenir de l’aérodrome avaient été lancées dès 2007 suivies d’un débat public en 2008.
Le défi urbanistique ensuite. Là, Yannick Williot s’est inquiété que le centre équestre qui verra le jour sur 5 hectares le long du quartier de l’Aérodrome «ne concerne qu’une minorité de privilégiés ». «Qui peut dire ce qui est bon ou non pour les Yussois ? Et pourquoi opposer une partie de la population à l’autre ? D’autant que les deniers publics ne sont pas utilisés dans cette opération et que les terrains ont été vendus au prix de domaines, il n’y a pas eu de cadeau », a rétorqué Patrick Weiten.

Le défi social maintenant. L’opposition aurait souhaité voir d’avantage de logements sociaux s’implanter sur ce nouveau quartier. Et lorsque la majorité fait valoir ses réalisations dans ce domaine et la récompense attribuée par la Fondation Abbé Pierre, Yannick Williot parle de «goutte d’eau de social dans un océan d’investissements ».

Le défi écologique pour terminer et cette interrogation des socialistes : «Pourquoi réaliser un plan d’eau inutile et coûteux ? » Avant même que le premier coup de pelle ne soit donné, le sujet prend déjà des allures de fossé grandissant entre les deux parties. 791 000 € pour créer cet espace aquatique de 2,9 hectares, l’opposition s’indigne. Pas un centime à sortir de la poche du contribuable, grâce à un financement bouclé à l’aide de subventions et par le biais d’un convention avec une société qui rachèterait les produits d’excavation, c’est en tout cas l’objectif de la majorité. Le bateaux téléguidés sont encore loin de flotter que ce petit lac artificiel fait déjà couler beaucoup d’encre. Ultime passe d’arme, le vote de ce point n° 8 a été voté à l’unanimité moins trois abstentions. «Nous retiendrons que lors du mandat précédent l’opposition avait voté contre les aménagements de l’esplanade de la Brasserie. Cette fois, ce sera contre les aménagements de l’Aéroparc », a conclu Patrick Weiten.