Le taux des taxes maintenu depuis 1992 a remis de l’huile sur le feu. « Ça pose de plus en plus de problème pour la mixité, estime Yannick Williot. Vous faites des excédants, vous devriez les répercuter sur ces taux. Yutz est la ville la plus chère… nous voterons contre. » Blasé, Philippe Slendzak l’est. « C’est de la pure démagogie. Ça fait quinze ans qu’on entend ça. Moi je n’ai pas de solution. »

Budget


C’est un budget de 32 M€ qui a été décidé pour 2010. En investissements, ce sont 13 M€ qui sont prévus en dépenses entre travaux (lire par ailleurs), emprunts et dette ; en recettes 7 M€ de subventions sont attendus. Pour le fonctionnement, 18 093 € seront injectés pour régler en partie les charges de personnel.

La présentation a fait bondir une fois encore Yannick Williot : « On aurait pu s’attendre à autre chose. Le fort taux d’abstention des Yussois aux dernières élections devrait vous faire réagir. C’est une révolte silencieuse. Nommez un adjoint en charge de la démocratie, votez des motions contre les dotations de l’Etat… » Selon lui augmenter de 10 000 € le budget du CCAS contre de 130 000 € celui des fêtes et cérémonies est anormal. « Oui il y a un malaise, reconnaît Philippe Slendzak. Mais on a été élu sur un programme. » Le maire se dit agacé : « Vous montrez du doigt les Yussois qui ne sont pas allés voter. Nous allons régulièrement à la rencontre de la population. Notre budget est conforme à nos engagements. Nous mettons tout en œuvre pour créer des logements sociaux. »

Guerre ouverte


Les attaques arrivent de toutes parts. Le maire titille M. Williot lui rappelant sa relégation à la 21e position de la liste de Masseret. « J’ai pas été élu ? Pour moi c’est que dalle ! Moi je suis pour une politique collective. Ailleurs, à Thionville et à Basse-Ham il y a des projets, comme la médiathèque. Et chez nous ? »

Trop c’est trop. L’adjoint aux finances fulmine : « On ne mène pas une politique droite contre gauche. Moi je ne cautionne pas la politique de l’Etat. On est là pour développer Yutz. C’est tout ». Seulement cinq points au bout de deux heures de conseil… autant dire que la soirée s’annonçait longue. Mais au final les soixante dernières minutes ont été moins mouvementées. Chacun ayant vidé son sac. Du moins jusqu’à la prochaine fois.

Sabrina Frohnhofer.